Argentine : la messe traditionnelle en liberté surveillée

06 Février, 2019
Provenance: fsspx.news

L’archevêque de La Plata en Argentine est récemment revenu sur les dispositions du pape Benoît XVI concernant la liturgie traditionnelle.  Ce fait pose une fois de plus la question d’une remise en cause, au plus haut niveau de l’Eglise, de la libéralisation de la messe traditionnelle, en 2007. 

L’archidiocèse de La Plata compte 876.000 baptisés. L’ordinaire du lieu, Mgr Victor Manuel Fernández, chantre de la théologie du peuple, est considéré comme suffisamment proche de l’actuel pontife romain, pour lui avoir inspiré l’exhortation apostolique Amoris lætitia. 

Par deux décrets successifs datés des 17 et 24 décembre 2018, le prélat argentin est revenu sur les principales dispositions du Motu proprio Summorum Pontificum, par lequel le pape Benoît XVI libéralisait, en 2007, l’usage du rite traditionnel. 

Depuis lors, la messe de toujours - célébrée jusque-là par une dizaine de prêtres dans le diocèse - a vu sa place se réduire comme peau de chagrin : le dimanche à 12h dans l’église du Sacré-Coeur, et le mercredi à 7h10 dans l’église Saint-Louis-de-Gonzague, toute célébration supplémentaire demeurant soumise à un improbable placet épiscopal. 

De plus, la célébration ad orientem – encouragée pourtant par l’actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Robert Sarah - se trouve elle-même remise en cause. 

Ces récentes dispositions diocésaines prises par un proche du pape actuel, au mépris du droit rappelé par le pape Benoît XVI, font-elles exception, ou sont-elles à rapprocher - comme le fait Anne Le Pape dans le journal Présent du 9 janvier 2019 - des débats ayant agité en novembre 2018 l’assemblée plénière la Conférence des évêques d’Italie, autour du statut juridique du Motu proprio Summorum Pontificum

Hormis pour les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X qui continuent paisiblement d’y exercer leur ministère, il semble bien que, dans le diocèse de La Plata, la liturgie traditionnelle ne soit plus qu’en liberté surveillée.