Coronavirus : indulgence plénière et absolution en cas d’urgence

24 Mars, 2020
Provenance: fsspx.news
Cardinal Mauro Piacenza.

En raison de la pandémie de Covid-19 qui frappe actuellement le monde entier, et singulièrement le continent européen, la Pénitencerie apostolique a publié deux décrets touchant au trésor des indulgences et au sacrement de pénitence. 

Le 20 mars 2020, le cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur de la Sainte Eglise, a signé un décret accordant l’indulgence plénière aux personnes ayant développé la Covid-19, la maladie provoquée par le virus SARS-CoV-2. 

Pour recevoir cette indulgence, le malade doit, l'esprit détaché de tout péché, s’unir spirituellement « par les médias à la célébration de la Sainte Messe, à la récitation du Saint Rosaire, à la pratique pieuse du Chemin de Croix ou à d'autres formes de dévotion ». Il doit « au moins réciter le Credo, le Notre Père et une pieuse invocation à la Sainte Vierge Marie, en offrant cette épreuve dans un esprit de foi en Dieu et de charité, avec la volonté de remplir les conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du Saint-Père), le plus tôt possible ». 

De plus, la Pénitencerie apostolique accorde également la même indulgence aux fidèles « qui offrent une visite au Saint-Sacrement, qui s’adonnent à l’adoration eucharistique, ou à la lecture de la Sainte Ecriture pendant au moins une demi-heure, ou à la récitation du Saint Rosaire, au pieux exercice du Chemin de Croix, ou encore à la récitation du chapelet de la Divine Miséricorde, pour implorer du Dieu Tout-Puissant la fin de l'épidémie, le soulagement des affligés et le salut éternel de ceux que le Seigneur a appelés à Lui ». 

La veille, en la fête de saint Joseph, le cardinal Piacenza signait un autre décret permettant de faciliter l’accès à l’absolution sacramentelle des malades en danger de mort devenus trop nombreux au regard du faible nombre de prêtres : l’absolution collective peut ainsi être donnée « à l'entrée des services hospitaliers, où se trouvent hospitalisés les fidèles infectés en danger de mort, en utilisant autant que possible les moyens d'amplification de la voix et avec les précautions appropriées, pour que l'absolution soit entendue ». 

Encore convient-il de rappeler que si le malade échappe à la mort, il est toujours « soumis au pouvoir des clés », c’est-à-dire tenu de confesser les fautes graves que l’Eglise ne l’oblige pas à avouer en public. 

Cette pratique de l’absolution collective, qui a connu beaucoup d’abus dans la période post-conciliaire, peut trouver dans ces cas d’urgence une pleine justification. Afin d’éviter une généralisation de cette pratique, la Pénitencerie apostolique exhorte d’ailleurs les évêques à constituer, au niveau diocésain, « des groupes d 'aumôniers hospitaliers extraordinaires ». 

« Jamais l’Eglise n’a autant fait l’expérience du pouvoir de la communion des saints, adressant des vœux et des prières à son Seigneur crucifié et ressuscité, en particulier par le sacrifice de la Sainte Messe, célébré quotidiennement, par les prêtres, même en l’absence de fidèles », a conclu Mgr Piacenza.