Des martyrs peu œcuméniques

30 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news

Le voyage du pape François au Maroc les 30 et 31 mars 2019 intervient huit siècles après la passion des premiers martyrs de l’ordre franciscain, survenue en 1220, à Marrakech. Des saints peu familiers de la conception moderne du dialogue interreligieux. 

Cinq proto-martyrs illustrèrent les commencements de l’ordre séraphique fondé en 1209 par saint François : Bérard de Carbio, originaire d’Ombrie et fin connaisseur de la langue arabe, Othon, Pierre, Adjute et Accurse, ces deux derniers étant frères lais. 

Arrivés clandestinement en Andalousie, ils se mirent à prêcher l’Evangile devant la mosquée de Séville avant d’aller trouver le calife. Ils l’exhortèrent à embrasser la foi chrétienne, ce qui leur valut dans un premier temps d’être seulement emprisonnés. Bientôt libérés, les cinq religieux furent emmenés au Maroc, selon leur souhait. 

Arrivés dans ce pays, ils se présentèrent devant le sultan à Marrakech, non pour lui expliquer que le pluralisme des religions était voulu par Dieu, mais afin de le convaincre d’embrasser la vraie foi, et donc de rejeter l’islam et de se faire baptiser. 

Devant leur détermination à prêcher la foi chrétienne dans la ville, les cinq moines furent aussitôt arrêtés et décapités à coups de cimeterre par le sultan lui-même. 

Lorsque les corps des martyrs furent rapatriés, un jeune homme nommé Fernando, chanoine du monastère Sainte-Croix de Coïmbra, au Portugal, fut tellement bouleversé au passage des reliques de ces saints martyrs, qu’il rejoignit l’ordre franciscain, prenant le nom d’Antoine. L’histoire du grand saint Antoine de Padoue venait de commencer.