Equateur et avortement : les évêques remportent la première manche

01 Octobre, 2019
Provenance: fsspx.news

En Equateur, le projet de loi visant à décriminaliser l’avortement déposé par le gouvernement issu de la gauche bolivienne, a été rejeté à 5 voix près, lors de son examen au Parlement, le 18 septembre 2019. Le travail réalisé en amont par les évêques du pays auprès des députés, est loin d’y être pour rien. 

Quito : capitale équatorienne perchée à quelques 2 800 mètres d’altitude, là où l’air commence à se raréfier. Pas pour les nouveaux nés qui peuvent mieux respirer depuis que l’Assemblée nationale du pays a repoussé le projet de loi prévoyant la dépénalisation de l’avortement. 

Les partisans d’une dépénalisation de l’avortement y ont pourtant cru jusqu’au bout : ainsi, la veille du scrutin, la présidente de la commission des lois du Parlement, Ximena Peña, assurait que le projet recueillerait 75 voix en sa faveur. Mais en ce 18 septembre, le compteur du « oui » s'est arrêté à 65, à 5 voix de la victoire.  

« Nous nous réjouissons du résultat, mais demeurons également conscients que le travail doit se poursuivre, notamment au niveau éducatif et culturel, afin d’aider celles qui portent un enfant », a déclaré aussitôt Mgr Jose Alfredo Espinoza Mateus, archevêque de Quito et primat de l’Equateur. 

« Dans le débat de ces jours derniers - poursuit le prélat - il a été dit que l’avortement n’aurait été autorisé que dans les cas de violence contre la mère, mais ce n’est pas vrai, de nombreuses autres circonstances ont été mises en avant afin d’aller vers une légalisation pure et simple ». 

Si le projet de loi a été repoussé - de justesse il faut le souligner - c’est aussi parce que l’épiscopat a mené un intense travail d’explication auprès des parlementaires, comme le reconnaît l’archevêque de Quito : « tant au niveau de la conférence épiscopale qu’à celui de l’archidiocèse, nous avons fait un excellent travail en matière de contact et de dialogue avec les députés afin de les sensibiliser ». 

Mais les prélats équatoriens le savent : même s’ils ont mené un « travail intense qui a porté ses fruits », celui-ci « ne s'arrête pas et doit continuer », conclut Mgr Espinoza Mateus. 

Une détermination épiscopale que ne dédaignerait pas le poète latin Martial qui écrivit dans l’une de ses célèbres épigrammes : Accipe quam primum, brevis est occasio lucri ; que l’on peut traduire librement : « Il faut battre le fer quand il est chaud ».