Fabiola, l’Eglise des catacombes

27 Décembre, 2018
Provenance: fsspx.news
Saint Sébastien soigné par Irène, auteur anonyme (XVIIe siècle).

Au IVe siècle après Jésus-Christ, à Rome, Fabiola jeune patricienne cultivée, admire l’idéal des philosophes épicuriens et stoïciens ; elle lit des livres sérieux autant que des romans licencieux. Mais elle découvre un jour que son ami Sébastien, officier de la garde prétorienne, dont elle estime les qualités dignes des héros antiques, est chrétien, de même que l’une de ses esclaves, et sa cousine Agnès qu’elle affectionne particulièrement. 

Fabiola, la belle et orgueilleuse fille de Fabius, est hostile à la foi nouvelle, car les chrétiens sont vus comme de stupides adorateurs d’une tête d’âne. Leur nombre croissant inquiète le jeune empereur Maximin Hercule ; la persécution se déchaîne à nouveau.

Le cardinal Nicholas Wiseman, s’inspirant des Actes des martyrs, nous fait voir le cheminement intérieur de Fabiola. Autour d’elle, héros et traîtres s’affrontent. « Qui n’est pas avec moi est contre moi », « qui n’amasse pas avec moi dissipe », nous dit Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l’Evangile. C’est tout l’enjeu de ce drame où les acteurs nous montrent le meilleur et le pire de ce que chacun peut devenir. 

Le célèbre historien des croisades, Léon Gautier, dans l’introduction de l’édition de 1887 rappelle « la vive et profonde impression que produisit en 1854 la publication d’un nouveau roman anglais, dont l’auteur était un cardinal de l’Eglise romaine. Quatre ans auparavant, le pape Pie IX, par un coup d’Etat admirable, avait solennellement rétabli la hiérarchie catholique en Angleterre, et osé nommer un archevêque de Westminster ». Et bien que l’archevêque catholique de Westminster fût alors impopulaire dans l’Angleterre réformée, Fabiola connut un succès considérable : « Tous les journaux anglais, toutes les revues s’occupèrent à l’envi de ce livre, qui exhalait je ne sais quel charme frais et pénétrant. Ce n’était pourtant qu’un roman archéologique, et ces deux mots, si singulièrement accouplés, ne présageaient rien de séduisant. Mais dès les premières pages on était conquis. Il y a de belles âmes que tourmente le souci de la Vérité, et qui à tout le moins en recherchent le voisinage. Cette aimable figure de saint Pancrace, placée sur le seuil du livre, cette mâle physionomie de saint Sébastien, et par-dessus tout cette délicieuse apparition de sainte Agnès, emportèrent l’enthousiasme universel. On peut dire que sainte Agnès conquit alors l’Angleterre, et il est difficile de supputer le nombre d’âmes que Fabiola achemina vers la Vérité. (…) On s’étonnait d’abord, on se convertissait ensuite. O puissance d’un bon livre ! ».

Le cardinal Nicholas Wiseman (1802-1865), né de parents anglo-irlandais, obtient son doctorat de théologie avec mention en 1825 et est ordonné prêtre en 1826. Nommé vice-recteur du collège des Anglais à Rome en 1827, il en devient le recteur en 1828, jusqu’en 1840. Etudiant zélé, et spécialiste de l’Antiquité, il consacre la plus grande partie de son temps à l’étude des manuscrits orientaux conservés à la Bibliothèque vaticane. En 1835-1836, il voyage en Angleterre, et donne des conférences sur les principaux points de doctrine catholique. Reconnu comme un universitaire de premier plan, parlant six langues, il est au fait de la plupart des débats scientifiques, artistiques ou relatifs à l’histoire de l’Antiquité. En 1840, il est sacré évêque, puis nommé vicaire apostolique pour le district de Londres. Son élévation au cardinalat en 1850, et sa nomination comme premier archevêque catholique de Westminster établit la restauration de la hiérarchie catholique en Angleterre, par un bref papal du 19 septembre 1850. En 1854, il est présent à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Rome, et publie la même année le roman historique Fabiola, sur l’Eglise au temps des catacombes.

Cardinal Wiseman, Fabiola, l’Eglise des catacombes, Ed. Clovis, 492 p., 23 €. On peut se procurer l’ouvrage auprès des éditions Clovis, BP 118, 92153 Suresnes cedex – 01 45 06 98 88 – www.clovis-diffusion.com