France : la sédation profonde nouvel enjeu de la bataille contre l’euthanasie

19 Décembre, 2018
Provenance: fsspx.news
Véronique Fournier, présidente du Centre national de la fin de vie.

Le rapport sur la mise en œuvre de la sédation profonde et continue a été publié le 28 novembre 2018 par le Centre national de la fin de vie et des soins palliatifs. Dès sa parution, ses conclusions sont déjà contestées. Les professionnels des soins palliatifs les jugent partiales et orientées dans le sens de l’euthanasie. 

L’objectif était d’évaluer la pratique introduite en 2016 par la loi Leonetti-Claeys, qui permet à un médecin d’endormir un patient en fin de vie lorsqu’il est atteint d’une infection grave et incurable, et ce jusqu’à ce que la mort survienne. 

A plusieurs reprises, Alliance VITA a mis en garde contre les risques de dérives liées à une interprétation euthanasique de la loi Claeys-Leonetti. Pour lever certaines ambiguïtés, la Haute Autorité de Santé a publié, en mars 2018, des recommandations de bonne pratique pour la mise en œuvre de la « sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès ».  

Véronique Fournier, présidente du Centre national de la fin de vie et partie prenante du rapport, prétend qu’il existerait une « confusion éthique » entre sédation et euthanasie. Cette remarque n’est pas innocente de la part de celle qui plaide, de concert avec les partisans du suicide assisté, pour une révision de la loi Léonetti dans le sens d’une « euthanasie palliative », formule qui entretient de graves confusions et qui cache un meurtre dissimulé. 

Pour parvenir à leurs fins, les partisans de l’euthanasie ont une stratégie : celle de dénigrer systématiquement la notion de sédation profonde. 

De telles conclusions sont dénoncées par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) qui s’oppose à toute législation euthanasique : « dans son rapport, le Centre national fait comme si la sédation profonde était un objectif en soi. Mais dans les services, l’objectif est de soulager les gens avec tous les moyens qui sont à notre disposition, pas d’atteindre un ‘quota’ de sédations », explique la vice-présidente de la Sfap, Claire Fourcade. 

Cette dernière conteste également la prétendue confusion entre euthanasie et sédation : « la loi et la Haute autorité de santé font une distinction très claire. Et aujourd’hui, la confusion n’est entretenue que par ceux qui ont des arrière-pensées ou qui ne connaissent pas bien la question », précise-t-elle, en pointant du doigt les partisans de l’euthanasie.