La fête du Christ-Roi remède à « la peste du laïcisme »

26 Octobre, 2019
Provenance: fsspx.news

La fête du Christ-Roi a été instaurée par le pape Pie XI en 1925. Elle proclame la souveraineté de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur le monde et les sociétés, sur les peuples et les nations, les cités et les familles.

Le Christ est en effet le Roi des âmes et des consciences, des intelligences et des volontés, juste Juge et souverain Seigneur, Créateur de toutes choses et Sauveur miséricordieux.
 
Cette proclamation par l’Eglise de la royauté du Christ intervient dans le but de porter remède à « la peste du laïcisme » qui en est la négation radicale : en organisant la vie sociale comme si Dieu n’existait pas, il engendre l’apostasie des masses et conduit la société à sa ruine. Tous les textes de la liturgie sont au contraire une proclamation autant qu’un enseignement des droits du Fils de Dieu sur tous les hommes, pris individuellement ou en groupes.

A la source de la corruption des sociétés modernes

Dans sa lettre encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925, le Souverain Pontife insiste beaucoup sur la corruption de la société humaine que provoque « la peste du laïcisme, ainsi qu’on l'appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. » C’est un fléau, explique-t-il, « qui couvait depuis longtemps au sein des Etats. On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations ; on refusa à l’Eglise le droit – conséquence du droit même du Christ – d’enseigner le genre humain, de porter des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila la religion du Christ aux fausses religions et, sans la moindre honte, on la plaça au même niveau. On la soumit, ensuite, à l’autorité civile et on la livra pour ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouvernants. Certains allèrent jusqu’à vouloir substituer à la religion divine une religion naturelle ou un simple sentiment de religiosité. Il se trouva même des Etats qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consister leur religion dans l’irréligion et l’oubli conscient et volontaire de Dieu ».
 
Les fruits amers de « l’apostasie des individus et des Etats désertant le Christ » sont « les germes de haine, semés de tous côtés ; les jalousies et les rivalités entre peuples, qui entretiennent les querelles internationales et retardent, actuellement encore, l’avènement d’une paix de réconciliation ; les ambitions effrénées, qui se couvrent bien souvent du masque de l’intérêt public et de l’amour de la patrie, avec leurs tristes conséquences : les discordes civiles, un égoïsme aveugle et démesuré qui, ne poursuivant que les satisfactions et les avantages personnels, apprécie toute chose à la mesure de son propre intérêt. Fruits encore de cette apostasie, la paix domestique bouleversée par l’oubli des devoirs et l’insouciance de la conscience ; l’union et la stabilité des familles chancelantes ; toute la société, enfin, ébranlée et menacée de ruine ».

L’unique remède

Fixée vers la fin du cycle liturgique et à la veille de la Toussaint, la fête du Christ Roi se présente comme le couronnement de tous les mystères du Christ et comme l’anticipation dans le temps de la royauté éternelle qu’il exerce sur tous les élus dans la gloire du ciel.
 
L’Eglise prie le Dieu tout-puissant, qui a tout restauré dans son Fils bien-aimé, le Roi de l’univers, d’accorder que toutes les familles des nations, divisées à cause de la blessure du péché, se soumettent à son pouvoir très doux.
 
L’hymne liturgique des vêpres proclame le Christ roi des nations et prince de la paix, Lui qui règne sur les esprits, s’offre en sacrifice sur la Croix et nourrit les pécheurs de son Corps et de son Sang. Les conséquences sociales de ce règne de Notre Seigneur sont énumérées : « Puissent les chefs des nations vous honorer par un culte public, les magistrats et les juges vous vénérer, les lois et les arts être l’expression de votre Royauté. » Que sous le doux sceptre du Christ s’inclinent « la patrie et les demeures des citoyens ».
 
C’est par le règne du Christ que s’accomplit ces demandes du Notre Père : « Que votre règne arrive, que votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».