Le Vatican et la Grande guerre : les arcanes de la diplomatie

30 Novembre, 2018
Provenance: fsspx.news

Au terme de plusieurs mois de travail dans les archives de la Secrétairerie d’Etat, un chercheur a mis en évidence l’évolution déterminante de la diplomatie du Saint-Siège durant la Première guerre mondiale.

Johan Ickx est le directeur des Archives historiques de la Secrétairerie d’Etat. Il a mis en évidence plusieurs documents qui éclairent d’un jour nouveau les relations entre Mgr Eugenio Pacelli, alors secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires, et les Alliés au cours de l’année 1915. 

À l’époque, la propagande allemande justifie les crimes perpétrés dans la ville de Louvain en raison de la présence supposée de francs-tireurs cachés parmi la population. Cet argumentaire se révélera faux. Mais, au Vatican, on prête foi à la version allemande des faits. 

C’est alors qu’arrivent à Rome cinq personnes dans le but de convaincre le Saint-Siège d’infléchir sa position perçue comme trop favorable à l’Allemagne. Parmi elles, Mgr Vladimir Ghika. 

Eclairé par leurs informations de première main, le futur Pie XII obtient la démission de plusieurs diplomates romains pro-allemands et noue des relations de confiance avec le gouvernement britannique.  

Pour l’archiviste du Vatican, cette découverte, tout en mettant à mal la légende noire d’un pape germanophile qui aurait entretenu par la suite une connivence coupable avec les autorités du IIIème Reich, éclaire d’un jour nouveau la pensée et l’action de celui qui deviendra pape en 1939. 

Le résultat des recherches de Johan Ickx est disponible dans son ouvrage, La Guerre et le Vatican, les secrets de la diplomatie du Saint-Siège (1914-1915), paru aux éditions du Cerf.