Les fruits vénéneux du Concile continuent de mûrir...

10 Septembre, 2019
Provenance: fsspx.news

La période postconciliaire a vu une explosion de désordres en tous genres : délaissement de la saine théologie au profit de déviations multiples comme la théologie de la libération, réformes empoisonnées tant liturgiques que disciplinaires, abandon de la vie cléricale ou religieuse, revendications du peuple de Dieu pour des réformes structurelles de l’Eglise. 

Puis, ce fut la période de consolidation des acquis conciliaires, en particulier sous le pontificat de Jean-Paul II, et le progrès des thèses modernistes notamment quant à l’ecclésiologie, la liberté religieuse, l’œcuménisme, la pratique sacramentelle, la déstructuration de la morale, tout en donnant l’impression d’une certaine remise en ordre. Mais le poison continuait à agir. 

Avec l’actuel pontificat, l’on revient à une période extérieurement plus active, qui n’est en fait que la continuation des précédentes. Mais les avancées sont plus perceptibles, favorisées par l’attitude même de François qui leur donne la main, quant il ne les provoque pas. C’est ainsi que, dans le sillage nauséabond de la préparation du Synode sur l’Amazonie, des revendications que l’on croyait mises de côté refont surface – sans surprise. Donnons-en quelques exemples documentés. 

L’Eglise des femmes au Chili 

Le site de la Conférence épiscopale du Chili rend compte de la réunion d’une association féministe. Cette 3e rencontre de ce mouvement qui s’appelle “(les) Femmes (sont) l’Eglise” (Mujeres Iglesia) a réuni une centaine de participantes les 31 août et 1er septembre dans la ville de Concepción. Certaines de leurs revendications sont révélatrices. 

Il y a d’abord la demande de reconnaissance d’un aspect féminin dans le Saint Esprit, sous le prétexte fallacieux que le terme d’esprit, dans l’ancien Testament, est signifié par un mot féminin : Ruah, qui se trouve par exemple dans la Genèse. Mais, même si certains Pères y voient une allusion à l’Esprit Saint, il ne s’agit pas de la troisième Personne de la Sainte Trinité au sens littéral. 

Il est réclamé ensuite que Dieu ne soit plus vu seulement comme « Père ». Il peut être appelé « Mère » en tout rectitude et il faut développer le langage inclusif – ou neutre – dans tous les espaces liturgiques. Car il s’agit de refuser une « théologie patriarcale », qui se fixe sur une vision unilatérale des choses. C’est pourquoi l’on doit développer de « nouveaux langages symboliques », sans se contenter de la masculinisation des termes employés. 

De là, nos théologiennes passent à des revendications plus directes sur la place des femmes dans l’Eglise. Elles veulent « participer activement à l’Eucharistie », et que les femmes puissent présider toutes les liturgies – même être… évêques ? Elles veulent assumer des « rôles de premier plan, et non plus des rôles secondaires ». Certaines se voient en cardinale… A quand une papesse ? 

Enfin elles veulent le développement d’une théologie féministe, des retraites féministes, se valoriser et récupérer leurs espaces (?), changer les modèles stéréotypés de femmes qui leur sont imposés, en particulier la Très Sainte Vierge et Marie-Madeleine. Il est vrai qu’il n’y a plus rien de commun entre les saintes femmes et ces pasionarias égarées. 

Le chemin synodal en Allemagne et le Comité central des catholiques allemands (ZdK) 

En mars dernier, le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising et président de la Conférence épiscopale allemande, membre influent du C6, a annoncé « un processus synodal contraignant » de l’Eglise d’Allemagne pour aborder les « questions clés » soulevées par la crise des 'abus cléricaux'. Y prendront part les évêques, des prêtres et le ZdK. 

Ces questions sont d’ores et déjà débattues au sein de forums pilotés par le Comité. Leurs noms sont évocateurs : « Pouvoir, participation et séparation des pouvoirs » ; « Morale sexuelle » ; « Formes de vie sacerdotale » ; « Les femmes dans les services et les institutions de l’Eglise ». 

Le ZdK a accepté de participer à l’Assemblée synodale à la condition que les évêques allemands prennent l'engagement de rendre contraignantes les résolutions synodales. Mais à quoi ces laïcs veulent-ils contraindre l’Eglise en Allemagne ? Ils ne s’en cachent pas : « l’admission des divorcés remariés civilement à la sainte communion, l’acceptation de toutes les formes de cohabitation, la bénédiction des couples de même sexe et le réexamen de l’enseignement de l’Eglise sur la contraception ». 

Rappelons que le ZdK s’est déjà illustré pour ses positions progressistes, par exemple dans son opposition à l’encyclique Humanæ vitæ du pape Paul VI qui condamne la contraception. L’autodestruction de l’Eglise en Allemagne va donc connaître un nouveau souffle. 

La jeunesse catholique d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et du Tyrol du Sud 

De nombreux mouvements de jeunesse de ces trois pays germaniques et de cette région d’Italie étaient réunis pour quelques jours à Innsbruck, dans le but d’analyser les résultats et les progrès réalisés depuis le Synode des jeunes tenu à Rome en octobre 2018. La déclaration finale publiée le dimanche 8 septembre demande que l’on prenne garde aux « structures injustes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise ». 

Selon cette déclaration, la discrimination envers les femmes est toujours d’actualité. C’est pourquoi « l’Eglise ne doit pas s’opposer à la vocation des femmes au sacerdoce en leur refusant le sacrement de l’Ordre ». Les “jeunes” critiquent l’inégalité entre les sexes pratiquée par l’Eglise, et estiment qu’un grand pas en avant est nécessaire. 

Ce document consternant n’est rien d’autre que l’aboutissement logique du Synode sur les jeunes, où les organisateurs n’ont cessé de marteler que ces derniers devaient enseigner l’Eglise, laquelle se mettait à leur écoute. Ces malheureux ignorants sont moins coupables que ceux qui ont suscité cette inversion profonde de la structure hiérarchique de l’Eglise. Lorsque les pasteurs n'enseignent plus, le troupeau part dans toutes les directions.

D’une révolution l’autre... 

Un parallèle entre l’évolution de la révolution française et la révolution conciliaire s’impose, pour montrer comment les faits s’enchaînent. Louis XVI a convoqué les Etats généraux qui ont ouvert la boîte de Pandore. Est venue la révolution avec ses excès sanglants et la destruction délibérée de l’ordre ancien. Bonaparte a rétabli l’ordre, mais c’était l’ordre révolutionnaire qu’il a systématiquement organisé. Après sa chute, la Restauration a donné l’illusion d’un retour à l’ordre ancien. Mais elle s’acheva par la révolution des Trois Glorieuses. 

Après que Jean XXIII eût convoqué le concile Vatican II, Paul VI a mené la révolution en lançant les réformes au cours d’une période aux soubresauts formidables. Jean-Paul II a été le Napoléon du Concile en l’organisant dans les textes législatifs et dans une praxis œcuménique. Benoît XVI a fait croire à une restauration, qui ne faisait que continuer le Concile autrement. Et nous sommes maintenant revenus à des soubresauts révolutionnaires, d’un Concile impatient de montrer tous ses fruits empoisonnés.