Liban : l’Eglise contre l’instauration du mariage civil

05 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news
Cardinal Boutros Béchara Raï.

Le patriarche maronite du Liban s’est déclaré opposé à l’instauration de l’union civile dans le pays. Le projet de loi allant dans ce sens, déposé par la ministre de l’Intérieur, a toutefois peu de chances d’aboutir en raison de l’opposition religieuse, à la fois chrétienne et musulmane. 

Le cardinal Boutros Béchara Raï est au Liban la plus haute autorité catholique. Répondant aux questions des journalistes depuis le palais présidentiel de Baabda, le haut prélat a mis en garde contre le projet d’union civile qui pourrait amener à « marginaliser » l’institution religieuse. 

Le patriarche s’est aussi élevé contre ceux qui reprochent à l’Eglise d’être opposée à ce projet en raison de l’aspect pécuniaire du mariage au Liban. 

« Je suis maronite et, je dis aux maronites que le mariage est l’un des sept sacrements de l’Eglise. Vous devez les respecter », a-t-il martelé. 

Etant donné que Deir el Fatwa – l'organe dirigeant l’islam sunnite libanais - a également expliqué le 22 février 2019 que le mariage civil était « contraire à la loi islamique », la proposition de loi de la ministre de l’Intérieur, Raya al Hassan, ne risque pas d’aboutir. 

C’est la République française - laïque - qui avait importé au pays des Cèdres la notion d’union civile : sous couvert du mandat donné par la Société des Nations, en 1920, d’amener le Liban et la Syrie « à un degré suffisant de développement (…) afin de permettre leur accès à l’indépendance », le Haut-commissariat français envisagea dès l’origine d’instaurer le mariage civil. Ce qui ne fut pas suivi d’effet en raison, déjà, d’une forte opposition religieuse.