Chine : les faussaires communistes réinventent l’Evangile

29 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news

En Chine, les autorités communistes imposent aux fidèles, dans certaines régions, une version falsifiée de la vie du Christ, dans laquelle le Seigneur se présente comme un pécheur.

Par un étonnant effet de mimétisme, la situation en Chine ressemble de plus en plus au récit écrit par Georges Orwell, dans son roman d’anticipation “1984”.

Tandis que la fiction anglaise présente un Parti totalitaire contraignant les individus à accepter sa version constamment révisée de l’histoire, la réalité à l’œuvre dans l’empire du Milieu est celle d’un pouvoir communiste qui réécrit la vie du Christ.

Le 22 septembre 2020 en effet, l’agence d’informations Ucanews, critique à l’égard du régime de Pékin, rapporte la publication d’un manuel scolaire contenant une odieuse falsification d’un épisode de la vie de Notre-Seigneur.

L’ouvrage intitulé Ethique professionnelle et respect de la loi est publié par les éditions de l’Université des sciences de technologies électroniques, un service entièrement aux mains du Parti communiste chinois (PCC).

On y trouve une évocation tronquée du récit de la femme adultère (Jean, 8, 1-11). A la place d’un Christ qui pardonne ses péchés à la coupable et l’épargne, la narration chinoise explique que le Seigneur s’est mis à la lapider, en disant : « Moi aussi, je suis un pécheur, mais si la loi devait être appliquée par des hommes sans faute, alors cette loi serait vaine ».

Du côté des catholiques de la Chine continentale, l’indignation est grande : « Je veux que tout le monde sache que le Parti communiste chinois a toujours essayé de déformer l’histoire sainte, de calomnier notre Eglise, et d’inciter les gens à la haïr », proteste un fidèle sur les réseaux sociaux.

Paul, un autre catholique chinois, explique que nombreuses sont les déformations similaires de récits chrétiens et de l’histoire de l’Eglise, malgré les protestations des fidèles, qui restent sans effets : « Le même schéma se répète chaque année, mais l'Eglise ne riposte jamais, pas plus qu’elle ne reçoit le respect et les excuses qu'elle mérite », déclare-t-il.

Une autre fidèle, qui gère un réseau social regroupant des catholiques, déplore que le contenu du manuel viole les croyances religieuses, et précise que ses auteurs et éditeurs devraient le corriger et s’excuser publiquement.

« Nous formons le vœu que les autorités ecclésiastiques prennent la parole et parlent au nom de l’Eglise », espère-t-elle. Un espoir bien mince, car plus les mois avancent, plus l’étau se resserre autour de l’Eglise catholique de Chine.

Une Eglise qui peine à voir, sur place, les bienfaits de l’accord provisoire portant sur la nomination des évêques entre le Saint-Siège et Pékin, signé le 22 septembre 2018, et qui devrait être renouvelé le mois prochain.