Euthanasie dans les établissements catholiques belges : Rome dit « non »

14 Août, 2017
Provenance: fsspx.news
Frère René Stockman.

Nouvelle étape dans l’affaire des Frères de la Charité de Gand : le Saint-Siège vient de désavouer officiellement la branche belge de la congrégation qui, en mars dernier, avait autorisé la pratique de l’euthanasie dans les établissements hospitaliers qu’elle dirige.

L’Ordre des frères de la Charité est une congrégation laïque masculine internationale de religieux convers, fondée en 1807, et dont l’objet est de venir en aide auprès des personnes âgées et des malades mentaux.

La branche belge de la congrégation avait jusque-là tenu bon en refusant de pratiquer l’euthanasie, légalisée en Belgique le 28 mai 2002. Cependant, en mars dernier, elle avait adressé un texte aux directions et au personnel hospitalier de ses 15 centres psychiatriques, autorisant finalement la mort médicalement assistée, y compris sur des patients « dans une situation non terminale ».

En mai dernier, la branche belge de cette communauté de religieux avait déjà été rappelée à l’ordre par son Supérieur général à Rome, le Frère René Stockman, qui avait déclaré que l’euthanasie est « contraire aux principes de base de l’Eglise catholique ».

Le supérieur de la congrégation avait également expliqué au quotidien De Morgen « regretter et déplorer » que la décision autorisant le suicide assisté ait été prise par un conseil d’administration où siègent quelques Frères seulement, contre une majorité de membres associés. « On vient d’entrouvrir une porte, ce qui est dommageable. Nous voulons tenir sérieusement compte des souhaits des patients, mais la protection de la vie est pour nous un absolu », ajoutait-il encore, avant de conclure : « nous ne pouvons accepter que l’euthanasie soit pratiquée à l’intérieur des murs de notre institution ».

Après avoir tenté - sans succès - de faire revenir la branche belge de sa congrégation sur sa décision, le Supérieur général des Frères de la Charité en a appelé à l’autorité suprême de l’Eglise qui a immédiatement diligenté une enquête canonique. Frère Stockman a tenu à préciser que le cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, avait d’ailleurs personnellement examiné l’affaire.

La Salle de presse du Saint-Siège a confirmé la nouvelle le 10 août dernier : après l’avis rendu par la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le Saint-Père a bien demandé à la communauté belge des Frères de la Charité de Gand de renoncer à pratiquer l’euthanasie sur ses patients. Si dans le délai d'un mois, la branche belge de l’Ordre des Frères de la Charité n’est pas revenue sur sa décision, elle pourrait se voir retirer l’appellation de « catholique ».

Le Frère Stockman, dans un entretien accordé à CNS à la suite de la décision romaine, se fait plus précis : « s’ils refusent, nous lancerons des mesures juridiques pour les obliger à amender cette déclaration et, sinon, nous serons contraints d’engager une procédure pour exclure les établissements concernés de l’Ordre des Frères de la Charité, et leur retirer l’appellation de catholique ».

Pour l’heure, la province belge répond « vouloir prendre le temps d’analyser tranquillement la lettre envoyée par le Vatican et en discuter en interne ».

Rappelons que, selon les données officielles de la Commission fédérale de contrôle, 14 753 personnes ont été euthanasiées en Belgique en quinze ans d'application de cette loi mortifère.