Le cardinal Müller épingle le pape François

19 Décembre, 2020
Provenance: fsspx.news

Messes confinées, appel téléphonique du pape François à Joe Biden, commentaires du successeur de Pierre sur les unions civiles homosexuelles… Le cardinal Ludwig Müller n’a pas épargné le pontife argentin lors de sa dernière intervention télévisée retransmise par un média américain conservateur.

Le cardinal Gerard Müller méritera-t-il bientôt le titre de Panzercardinal, dont la presse affubla jadis un de ses prédécesseurs à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), Josef Ratzinger ? Ce qui est sûr c’est que l’ancien préfet de la CDF ne mâche plus ses mots.

Lors de l’entretien télévisé accordé à Lifesitenews, et diffusé le 11 décembre 2020, Mgr Müller a vertement reproché la fermeture des lieux de culte, en raison de la pandémie de Covid-19 : « les politiciens n’ont pas le droit d’interdire la Sainte Messe et la célébration des sacrements », a expliqué le cardinal pour qui certains gouvernements voient là « une occasion de supprimer l’Eglise catholique ».

A l’adresse de ceux qui, même au plus haut de la hiérarchie catholique, estiment qu’il y a d’autres manières de prier plutôt que d’aller à la messe – on se rappelle les récents propos du cardinal Mario Grech taxant « d’analphabétisme spirituel » les catholiques consternés par la fermeture de leurs églises – le haut prélat allemand répond : « nous ne sommes pas une religion spiritualiste, mais des êtres de chair, de sang et d’âme. (…) Nous vivons dans la réalité du monde matériel, également créé par Dieu, et pour cela nous avons besoin de cette médiation corporelle visible par les sacrements, au sein de la communauté des croyants. »

Evoquant la récente élection de Joe Biden à la présidence américaine, et l’appel téléphonique du pape François à l’élu démocrate, Mgr Müller a regretté que le pontife romain se soit concentré « sur des choses secondaires », abordant les « moyens de faire face à la crise du changement climatique, et de mieux intégrer les migrants dans nos communautés ».

« Jésus n’a pas fondé l’Eglise pour traiter des sujets d’importance secondaire, corrige le cardinal, mais des sujets primordiaux : à savoir que c’est en vivant de la grâce que nous atteindrons la vie éternelle. »

« Je m’attends au moins à ce que, dans l’avenir, ils parlent de l’avortement, du meurtre de bébés innocents, autant de créatures de Dieu, car c’est très important tant sur le plan politique que du point de vue moral. (…) Toute vie vient de Dieu, et personne ne peut s’arroger le droit de tuer quelqu’un », a précisé l’ancien patron de la CDF.

Enfin, en ce qui concerne les récents propos pontificaux évoquant une reconnaissance civile des « couples » homosexuels, le cardinal Müller a rappelé l’impossibilité pour un pape de changer la doctrine que ce soit sur le mariage, la loi naturelle ou les sacrements.

Des propos courageux, que l’on aurait aimé entendre quelques années plus tôt, quand le haut prélat allemand taxait, en 2013, la Fraternité Saint-Pie X de « schismatique », pour son refus des innovations liturgiques et doctrinales post-conciliaires…

Quoi qu’il en soit, l’entretien du cardinal Müller, en rappelant un certain nombre de vérités, est une pierre d’un solide marbre teuton – une de plus – jetée dans les jardins désormais rocailleux du Vatican.