Le cardinal Müller réagit à l’interdiction des messes privées à Saint-Pierre

27 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news

La polémique enfle depuis que la secrétairerie d’Etat a imposé l’interdiction de la célébration des messes privées à Saint-Pierre de Rome, transformant un peu plus la basilique Vaticane en un musée sans âme. Dernier en date à réagir, le cardinal Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le 13 mars 2021, FSSPX.Actualités s’est fait l’écho de nouvelles directives liturgiques émanant de la première section de la secrétairerie d’Etat, interdisant toute célébration privée dans la basilique Vaticane, et reléguant la messe traditionnelle à l’autel de l’exiguë chapelle Clémentine.

Edward Pentin, pour le National Catholic Register, s’est rendu sur place le 22 mars suivant afin de constater que les autels latéraux de la basilique Saint-Pierre restaient désormais déserts.

Au Vatican, on confie même au journaliste que la directive – notifiée directement, et de façon inhabituelle, par la secrétairerie d’Etat au personnel de la basilique – a été « imposée de façon unilatérale et sans aucune consultation ».

Le Register apprend également que les modifications touchent principalement les prêtres travaillant derrière les murs léonins, et qui célébraient jusqu’ici chaque matin leur messe privée sur l’un des quarante-cinq autels latéraux de la basilique : « ces prêtres ont été choqués, très peu d’entre eux se joignent aux messes concélébrées le matin afin de manifester leur mécontentement », explique une source informée, au journal catholique américain.

Le cardinal Ludwig Müller, rencontré dans la foulée par Edward Pentin, estime pour sa part que la directive est un « document froid et autoritaire, imposé sans consultation, ni ‘synodalité’ » : un comble pour un pontificat qui prétend faire de la concertation un mode de gouvernance…

Aux yeux du préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’interdiction de la messe privée dans la basilique Vatican constitue une « preuve supplémentaire du mouvement de sécularisation qui touche l’Eglise ».

« Tout cela est très léger », estime le haut prélat allemand qui ne mâche pas ses mots à l’égard des rédacteurs de la directive : « des hommes anonymes demeurés dans l’ombre, et qui ne connaissent rien de la théologie catholique ».

Désormais, le clergé travaillant au Vatican ressemblera davantage à « un groupe de fonctionnaires à l’identité sacerdotale amoindrie », conclut le cardinal Müller.

Les nouvelles mesures, imposées par la secrétairerie d’Etat, coïncident avec le départ, en février dernier, du cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique, connu pour s’être opposé à tout changement de discipline dans ce domaine.

Il se murmure même, oltretevere, que la mesure aurait été prise par le pape en personne, sur le conseil de l’un de ses proches, le cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé.