Notre Dame et l’Eglise

26 Octobre, 2019
Provenance: fsspx.news

La liturgie applique parfois à la Mère de Dieu les mêmes textes de la sainte Ecriture qu’à l’Eglise. Pourtant l’Eglise est composée de pécheurs, et Notre Dame est immaculée. L’Eglise poursuit son achèvement en rassemblant en son sein toutes les âmes qui lui manquent encore, tandis que la sainte Vierge a atteint sa perfection définitive lorsqu’au jour de l’Assomption elle a reçu la récompense éternelle que sa vie pure et ardente avait méritée.

Mais ce rapprochement n’est pas de pur décor. Saint Paul nous dit que l’Eglise est épouse du Christ. Cela signifie que l’union du Christ et de l’Eglise est fondée sur un amour exprimé par un mutuel consentement, et que cette union est dès lors féconde. En répondant aux attentes du Christ, l’Eglise lui fait honneur par la sainteté qui s’y développe, et par cette sainteté même qui lui est conférée par son Epoux, elle est féconde : des âmes y sont régénérées à la vie de Dieu.

Notre Dame s’est également comportée en épouse à l’égard du Verbe. Le jour de l’Annonciation, comprenant fort bien ce que Dieu attend d’elle, elle dit son fiat pour qu’en elle se réalise l’union du Verbe à la nature humaine dont elle a formulé le consentement. Ce consentement conduit à une union, celle de la divinité et de l’humanité dans la personne du Verbe. Un nouvel homme est conçu qui était déjà une Personne divine. Les théologiens diront plus exactement que Dieu commence d’être homme. Première fécondité extraordinaire.

Mais cet homme porte sur lui la responsabilité de toute l’humanité pour expier le péché de la nature humaine commis en Adam. On parle d’une seule personne mystique du Christ, qui rassemble toutes les âmes rachetées. Deuxième fécondité extraordinaire : toute âme rachetée le doit au consentement de Notre Dame.

N’oublions jamais de remercier la Mère de Dieu d’avoir dit oui à Dieu. Ainsi nous a-t-elle donné le Sauveur, et rendu possible notre union à lui. Nous serons dignes d’une telle mère si, à notre tour, nous adhérons à tout ce que Dieu attend de nous.

Notre Dame et la Cité de Dieu

La liturgie fait réciter le psaume 86 aux grandes fêtes de la sainte Vierge. Ce psaume parle de l’Eglise comme d’une ville dans laquelle sont rassemblés tous les élus : « on dit de grandes choses de toi ». Cette ville jouit en effet d’une grande gloire, puisque c’est la cité des saints, illustrée par toutes les âmes dont la vertu fut héroïque. Toute la faiblesse et la malice qui peut avilir ses membres n’empêchent pas l’Eglise, à toute époque, de former des saints. De la même manière, on dira de grandes choses de la Mère de Dieu ; et cela sans qu’il y ait quelque misère que ce soit à déplorer en la personne de l’Immaculée : « Les générations me diront bienheureuse ». Le bon Dieu tient à ce que l’on honore sa Mère : « ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle » (Eccli 24, 31).

Lorsque les princes de l’Antiquité fondaient une ville, ils mettaient leur gloire et leur honneur à l’orner avec toute la magnificence qu’ils pouvaient. Mais cette gloire toute terrestre, celle de laisser son nom sur des monuments, ne durera pas ; le temps fait son œuvre et cette gloire passera. Tandis que la Mère de Dieu est le joyau de la création, dans lequel la magnificence divine a accompli tout ce qu’elle voulait, et cela par la libre acceptation de Marie à Nazareth. Ce monument de la grâce divine ne passera pas ; la bonté divine s’y complaît pour l’éternité.

« Ceux qui habitent une telle ville vivent dans la joie ». Et assurément ceux qui vivent dans l’Eglise en sachant se modeler sur son esprit, assumant les privations que cela impose, recevront le centuple ici-bas et la vie éternelle dans l’autre monde. De même, ceux qui se confient en la Mère de Dieu s’assurent la paix des rachetés et la joie éternelle.

Recourir à Marie, c’est s’assurer une place dans la cité de Dieu.