Un entretien du pape François dans "La Stampa"

15 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news

Le pape François a donné un entretien au vaticaniste Domenico Agasso pour le compte du journal La Stampa, daté du 14 mars 2021. L’entretien a porté essentiellement sur la crise engendrée par la pandémie et sur les moyens de la surmonter.

Le pape interprète cette crise comme un « signal d’alarme sur lequel l’homme est obligé de réfléchir ». Il affirme que « le monde ne sera plus jamais le même », comme cela se dit et se répète depuis des mois.

Puis il poursuit en assénant : « La voie du salut de l’humanité passe par la reconsidération d’un nouveau modèle de développement. » Une question se pose : de quel salut s’agit-il ? Il est bien évident qu’il ne peut s’agir que d’un salut naturel.

Ce nouveau modèle « doit placer la coexistence entre les peuples en harmonie avec la Création. (…) Car tout est lié. » Ce modèle se profile, d’après le pape, dans « divers mouvements populaires ». Et dans une « prise de conscience chez les jeunes, notamment dans les mouvements écologiques ».

Le pape préconise d’ailleurs « un virage économique vers le “vert” » de manière urgente. « Nous ne pouvons plus perdre de temps » ajoute-t-il.

La finance quant à elle, doit être repensée selon quatre critères : « inclusion des exclus, promotion des plus démunis, bien commun et soin de la Création ».

Le principe directeur est « la fraternité humaine, à laquelle il n’y a pas d’alternative ». Et il invite les chefs d’Etat à se parler et à se mettre d’accord sur des stratégies.

La première chose à éradiquer selon le pape, est le trafic d’armes, qui est à la source « de la pauvreté et de l’exploitation insensée de l’environnement ». Et « contre cette discorde planétaire qui tue dans l’œuf l’avenir de l’humanité, il faut une action politique fondée sur l’harmonie internationale. Fraternellement unis, les être humains sont capables de faire face aux menaces communes » affirme François.

Dans les trois dernières questions le pape demande un soutien spécial pour les femmes, une vie familiale véritable et encourage les jeunes à ne pas céder au découragement.

Cet entretien vient illustrer de manière lumineuse le diagnostic posé par M. l’abbé Pagliarani dans l’entretien donné à DICI et publié le 12 mars dernier.

Il y stigmatisait l’absence de transcendance, de verticalité dans la prédication du pape. La vision purement horizontale dans laquelle compte seul le bien-être terrestre.

Il démasquait l’utopie persistante et devenue obsessionnelle d’un salut naturel de portée universaliste, qu’il faut imposer à tous. Cette utopie, l’abbé Pagliarani la résumait en deux idées : l’écologie intégrale et la fraternité universelle.

Cette utopie se caractérise également par l’oubli du péché originel et de la nécessité de la grâce, même pour accomplir le bien naturel, dans l’état déchu de l’humanité. L’oubli de la transcendance de la fin ultime, vient achever le tableau de cette utopie.

Tous ces éléments forment la trame de l’entretien donné à La Stampa.

Malheureusement, le diagnostic du Supérieur de la Fraternité était lucide et justifié.