Centenaire de l’Armistice de 1918 - Sanctuaire National de Saint-Joseph - Bruxelles

Source: District de Belgique - Pays-Bas

Nous rendons hommage à l’héroïsme de ces soldats connus et inconnus, des victimes civiles de cette première guerre mondiale, sans oublier les innombrables blessés qui ont porté à vie et dans leur corps, les stigmates de l’horrible carnage.

11 Novembre 2018

Il est 11 heures. Les cloches de l’église Saint-Joseph, comme beaucoup d’autres à travers la Belgique et l’Europe sonnent à toute volée pour commémorer le centième anniversaire de l’armistice de 1918.

Messe et absoute de Requiem

La veille dans l’église, sanctuaire national dédié à Saint-Joseph, patron de la Belgique, un service de Requiem est offert en mémoire des soldats tombés au champ d’honneur, des victimes civiles et des blessés.

Le chant grégorien, admirablement exécuté par la chorale de l’église Saint-Joseph, résonne sous les voutes de la grande église, introduisant avec sérénité les assistants en la présence du Juge miséricordieux.

Les bannières des provinces du Royaume de Belgique ainsi que de nombreux drapeaux pavoisent l’édifice sacré des couleurs nationales. Trois porte-drapeaux d’associations patriotiques, présents près de l’autel, ajoutent à la solennité de la cérémonie.

La messe est chantée par l’abbé Patrick Duverger, Supérieur du District de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Suit l’absoute au catafalque avec l’émouvant Libera me qui prolonge la supplication de l’Eglise pour les défunts.
Le clergé et les drapeaux descendent au fond de l’église devant la plaque commémorative des membres de l’Association de la Sainte-Famille, morts à la guerre. C’est là que la cérémonie s’achève par un dépôt de gerbe devant la plaque tandis que résonne la sonnerie aux morts puis enfin, comme un ultime hommage aux morts et chant d’espérance : l’Hymne National.
Au-dessus de la plaque a été placé l’Obiit peint et tout récemment restauré, de la Croix de l’Yser, à la mémoire des soldats tombés pour la défense du Royaume de Belgique.

La Messe hommage

Cette messe de Requiem est l’expression de notre piété filiale, inspiré par le 4ième commandement du décalogue. Nous rendons hommage à l’héroïsme de ces soldats connus et inconnus, des victimes civiles de cette première guerre mondiale, sans oublier les innombrables blessés qui ont porté à vie et dans leur corps, les stigmates de l’horrible carnage. Nous prions pour eux, pour le pays pour lequel ils sont morts.

Le mystère du mal

La guerre avec son cortège d’immenses misères, provoque souvent l’interrogation et souvent même la révolte contre Dieu. Elle est certes un grand malheur, la triste conséquence du péché, mais elle est permise par la Providence Divine qui gouverne les peuples. Dieu la laisse venir : dans sa justice Il l’utilise comme châtiment de l’orgueil et dans sa miséricorde, Il en fait une occasion de purification spirituelle.

La guerre s’impose aussi aux hommes comme une violation du bon droit et appelle alors la légitime défense. Ce fut le cas pour la Belgique en 1914. La neutralité fut violée par l’invasion brutale qui tua plus de 6000 civils dont 47 prêtres dès les premières semaines.

Vibrant hommage

Nous voulons honorer la résistance militaire héroïque de tout un peuple, sous la conduite du roi Albert 1er, d’illustre mémoire ; telle fut en particulier la bataille de l’Yser en octobre 1914.

Nous voulons rappeler les quatre années d’occupation où le roi, à La Panne, isolé du reste de la Belgique occupée, fit tout son possible pour rester au plus près de son peuple plongé dans le malheur. Tandis que l’Archevêque de Malines-Bruxelles, le Cardinal Mercier, en zone occupée, faisait de son mieux pour soutenir le courage de ses compatriotes et les défendre. La Belgique a donné alors un bel exemple de ce que peut, pour l’honneur et la survie des peuples, l’alliance du trône et de l’autel.

Finalement, ces deux illustres princes travailleront avec le Pape Benoît XV pour engager le processus qui conduira, ultimement, à l’Armistice du 11 novembre 1918.

Le passé est une leçon et un encouragement

Le souvenir du passé doit servir de leçon pour le présent et le futur. A chaque génération, chacun, individuellement et en société, doit assumer sa place et s’engager pour la survie et le bien commun. Les grands biens de l’homme sont en quelque sorte remis en jeu : biens de la nature comme la vérité, la liberté et l’autorité, biens surnaturels de la religion comme la Foi, l’Espérance et la Charité.

Forts de l’exemple de nos aïeux et appuyé sur lui, il nous faut assumer, entretenir et transmettre ces biens humains et divins qui font la civilisation chrétienne. Si nous manquons à ce devoir sacré, nous périrons comme toute société décadente. Telle est, en ce centenaire, la leçon de l’Histoire ; et aucun peuple n’a échappé à cette loi du gouvernement divin !