Pie XII et l’Eglise complices des nazis : la légende noire s’effrite de plus en plus

11 Février, 2020
Provenance: fsspx.news

Alors que quatre rabbins s’émeuvent de la présence d’une église à Birkenau en Pologne, un article publié par Vatican News, le 29 janvier 2020, fait le point sur le rôle de premier plan que Pie XII et de nombreux religieux jouèrent dans le sauvetage de milliers de juifs lors de la rafle de 1943, à Rome. Une réfutation supplémentaire de la légende noire d’une Eglise soi-disant complice du régime national-socialiste. 

Le samedi 16 octobre 1943, jour de sabbat chez les Juifs, les hommes de la Gestapo encerclent le ghetto juif de Rome dès 5h30 du matin. En huit heures, 689 femmes, 363 hommes et 207 enfants sont faits prisonniers. Seuls 16 des 1 259 juifs arrêtés survivront à deux années de déportation. 

Un chiffre qui aurait pu être dramatiquement plus élevé si l’Eglise, sous l’impulsion du pape Pie XII, n’avait pas ouvert ses portes aux fugitifs. C’est ce qu’explique Paolo Ondarza sur Vatican News : « une porte ouverte, refuge sûr pour échapper à la mort : c’est ce que représentèrent plus de 220 couvents, églises et maisons appartenant à différents ordres religieux qui, au cœur de la persécution nazie, offrirent un abri à environ 4 500 juifs de Rome, presque la moitié de toute la communauté juive de la capitale, qui représentait alors entre 10 et 12 000 personnes. » 

Si, du fait de la clandestinité, il est difficile de quantifier précisément le nombre total de juifs sauvés par l’Eglise, la recherche historique peut néanmoins se baser sur de nombreux témoignages oraux et fiables, notamment ceux « des juifs cachés dans des maisons religieuses à la libre initiative de celles-ci, d’autres hébergés dans des monastères cloîtrés sur l’indication et avec la dispense du Saint-Siège ; des sites chrétiens comme les Catacombes de Priscille, devenus des lieux de référence pour le réseau des faux papiers, des maisons religieuses qui recevaient des vivres du Vatican pour nourrir les réfugiés qu'elles accueillaient. Des structures qui ouvraient leurs portes gratuitement et celles qui demandaient le paiement d’une pension ». 

Un élan de générosité souhaité par Pie XII lui-même, comme l’attesta en 1961 l’ancien secrétaire particulier du pape Pacelli : ce dernier avait fait savoir aux couvents romains qu’ils « pouvaient et devaient » accueillir les juifs recherchés. 

A noter que le grand séminaire du Latran - le séminaire du pape - a lui-même donné l’asile à toutes sortes de réfugiés, notamment des opposants au régime, y compris des communistes : l’Eglise n’est pas rancunière lorsqu’il s’agit de sauver les âmes.