Six cents ans au service de l’enfance en danger

06 Juin, 2019
Provenance: fsspx.news

L’Institut des innocents de Florence a soufflé ses six cents bougies cette année. A cette occasion, les dirigeants et le personnel de l’établissement qui viennent en aide à l’enfance, ont été reçus le 23 mai 2019 par le pape François, dans la salle du Consistoire. 

L’Institut des innocents de Florence œuvre depuis six siècles pour la famille et l'enfant. Au moment de sa création, dans la première moitié du XVe siècle, il s'agissait de la première institution au monde à se consacrer à la garde d'enfants.  

Cette œuvre tire son origine de la générosité de Francesco Datini, un marchand de Prato, qui légua en 1419 ses biens pour  la construction d’un grand hôpital, au cœur de la cité toscane, pour les enfants trouvés. 

En 1421, la guilde - ou corporation - des soyeux, est chargée d’entreprendre les travaux et de réaliser le rêve de Francesco Datini. 

Après avoir acheté une ferme à la famille Albizzi sur la Piazza dell 'Annunziata et confié le projet à Filippo Brunelleschi, la guilde augmente le capital de départ, grâce au soutien du gouvernement florentin et de bienfaiteurs particuliers. C’est là que Brunelleschi, en réalisant le portique de l’hôpital, applique pour la première fois les règles de la perspective qu’il vient d’inventer. 

Les travaux se poursuivent pendant la plus grande partie du XVIe siècle, tandis que les locaux accueillent les enfants dès 1445. L’intérêt des bienfaiteurs, qui n’a jamais faibli au fil des siècles, est attesté par les dons d’œuvres d'art importantes, conservées encore au sein de l'hôpital. 

Le rôle de la guilde des soyeux prend fin en 1775 : l'hôpital est alors géré de 1810 à 1814 par une Commission hospitalière créée par le gouvernement français. 

A partir de 1862, sa gestion est confiée à un conseil d'administration autonome qui vient encore en aide à l’enfance en danger, à travers diverses missions : prise en charge de « filles-mères » dans le but d’éviter un avortement, gestion de plusieurs crèches, accueil des enfants en situation de handicap ou dépendants, etc. 

Recevant les dirigeants et le personnel de l’Institut de santé juvénile florentin, le Saint-Père, avant de leur renouveler ses encouragements et de leur donner sa bénédiction a évoqué une tradition propre à cet établissement : « les mères laissaient souvent, avec les nouveau-nés qu’elles avaient abandonnés, des médailles brisées en deux, stratagème par lequel elles espéraient, en présentant l’autre moitié, pouvoir reconnaître leurs enfants dans des temps meilleurs. Ici - dis-je -, nous devons imaginer que nos pauvres ont leur médaille cassée. Et que c’est nous qui avons l'autre moitié. Parce que l’Eglise qui est notre mère a en Italie la moitié de la médaille de chacun de nous et reconnaît tous ses enfants, abandonnés, opprimés, fatigués ».