Témoignage : état de la situation au Sri Lanka

02 Mai, 2019
Provenance: fsspx.news
Un soldat patrouillant devant l’église Saint Antoine, où un kamikaze s’est fait sauter le 21 avril dernier.

L’abbé Fabrice Loschi, prieur du Saint-Francis-Xavier Priory à Negombo (Sri Lanka), nous fait part de l’état de la situation sur place, après les attentats de Pâques.

Aujourd’hui, 1er mai 2019, une vingtaine de personnes a assisté à la messe dans notre chapelle, ce qui est plutôt bien pour un jour de semaine, une messe à 7h15, et compte tenu des circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous vivons.

Les églises catholiques sont toujours fermées dans l’ensemble du pays, ce que nous avons du mal à comprendre.

De notre côté, nous maintenons notre chapelle ouverte tous les jours, avec une personne qui surveille en permanence la porte d’entrée. La police m’a certifié hier matin que nous n’avions rien à craindre, et demandé de ne pas nous inquiéter puisque la situation était sous contrôle maintenant que la plupart des suspects avaient été tués ou arrêtés. Il serait donc facile de rouvrir les lieux de culte et de filtrer les personnes qui pourraient entrer. Cette peur excessive trahit peut-être la foi craintive des prêtres locaux.
 
Cependant, la police a encore trouvé des islamistes qui planifiaient des actes terroristes. Hier, ils ont arrêté un groupe de personnes à Gampaha (à 50 minutes d’ici) qui voulaient attaquer des églises, des écoles catholiques et des stations de bus.

La police et l’armée se rendent dans toutes les mosquées du pays. Ils y ont trouvé des ceintures avec des explosifs, des armes blanches pour trancher les gorges, des uniformes de l’armée, des armes chimiques et autres objets destinés à une insurrection générale.

A Negombo, la situation est redevenue normale dans le centre-ville, la plupart des magasins ayant rouvert. La zone touristique est toujours déserte, mais quelques Occidentaux courageux se promènent de temps en temps sur le trottoir, ce qui est encourageant.

Le quartier de Colombo touché par les attentats n’a plus de visiteurs, de même que l’esplanade Gall Face, qui est la plus grande place de la ville où tout le monde aime flâner, sur le bord de mer.

Bien que la police et l’armée aient vraisemblablement réussi à éradiquer la menace terroriste, l’alerte de sécurité reste à son maximum : il semble qu’une sorte de psychose rende la situation pire qu’elle n’est, surtout dans la communauté catholique. Espérons que le pays se redresse rapidement et qu’il retrouve une vie normale.

Abbé Fabrice Loschi