Un cardinal et un évêque répondent au Document d’Abou Dabi

22 Février, 2019
Provenance: fsspx.news
Le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, co-signataires du Document d’Abou Dabi.

Le 9 février 2019, alors que le pape François a cosigné le 4 février un Document « pour la paix mondiale et la coexistence commune », avec le grand imam de l’université d’Al-Azhar du Caire, lors de son voyage aux Emirats arabes unis, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, fait paraître, un « Manifeste pour la foi ». 

Il entend « rendre témoignage publiquement à la vérité de la Révélation » : « Les Pasteurs ont l’obligation de guider ceux qui leur sont confiés sur le chemin du Salut. Cela n’est possible que si cette voie est connue et qu’ils la suivent. A ce sujet, voici ce que l’Apôtre affirme : “Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu” (1 Co 15, 3). Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens ne sont même plus conscients des enseignements fondamentaux de la foi, de sorte qu’ils risquent toujours plus de s’écarter du chemin qui mène à la vie éternelle ».

Ce Manifeste – sans citer le pape – rappelle que Jésus-Christ est l’unique Sauveur, ce qui est une réponse indirecte au passage suivant de la déclaration cosignée par François et le grand imam d’Al-Azhar : « Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, des sexes, des races et des langues sont une sage volonté divine par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est à l’origine du droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents ». Le cardinal Müller déclare : « (…) la première épître de saint Jean présente celui qui nie sa divinité (ce que fait l’islam. NDLR) comme l’Antichrist (1 Jn 2, 22), puisque Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est de toute éternité un seul et même Etre avec Dieu, son Père. La rechute dans les anciennes hérésies, qui ne voyaient en Jésus-Christ qu’un homme bon, un frère et un ami, un prophète et un moraliste, doit être combattue avec une franche et claire détermination. Jésus-Christ est essentiellement le Verbe qui était avec Dieu et qui est Dieu, le Fils du Père, qui a pris notre nature humaine pour nous racheter, et qui viendra juger les vivants et les morts. C’est Lui seul que nous adorons comme l’unique et vrai Dieu dans l’unité du Père et de l’Esprit Saint ». 

On a remarqué que le prélat allemand reprenait le verset de saint Paul « j’ai transmis ce que j’ai moi-même reçu » (1 Co 15, 3), qui est celui que Mgr Marcel Lefebvre a voulu sur sa pierre tombale, on pourra aussi noter que le terme antichrist emprunté à saint Jean (1 Jn 2, 22) est celui dont s’est servi Mgr Lefebvre dans sa lettre aux futurs évêques (29 août 1987) où il parlait de « la persécution de la Rome antichrist », précisant la raison de son « opération survie » : « cette Rome, moderniste et libérale, poursuivant son œuvre destructrice du Règne de Notre Seigneur comme le prouvent Assise et la confirmation des thèses libérales de Vatican II sur la liberté religieuse, je me vois contraint par la Providence divine de transmettre la grâce de l’épiscopat catholique que j’ai reçue, afin que l’Eglise et le sacerdoce catholique continuent à subsister pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ».

A quoi le fondateur de la Fraternité ajoutait le devoir de fidélité à l’égard de la Rome éternelle : « Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Eglises, dans la foi catholique intégrale, exprimée dans les symboles de la foi, dans le catéchisme du Concile de Trente, conformément à ce qui vous a été enseigné dans votre séminaire. Demeurez fidèles dans la transmission de cette foi pour que le Règne de Notre Seigneur arrive ».

Il serait naïf de voir dans ces références scripturaires communes des réminiscences de textes de Mgr Lefebvre chez le cardinal Müller, mais il est intéressant de noter que la confusion générale dénoncée par le premier, il y a 45 ans, amène le second à utiliser aujourd’hui les mêmes références. 

Le Manifeste du prélat allemand se termine sur un Appel pressant où il reprend le « quod et accepi » de saint Paul : « En tant qu’ouvriers envoyés dans la vigne du Seigneur, nous tous avons la responsabilité de rappeler ces vérités fondamentales en adhérant fermement à ce que nous-mêmes avons reçu. Nous voulons encourager les hommes de notre temps à suivre le chemin de Jésus-Christ avec détermination afin qu’ils puissent obtenir la vie éternelle en obéissant à ses commandements.

« Demandons au Seigneur de nous faire connaître la grandeur du don de la foi catholique, qui nous ouvre la porte de la vie éternelle. “Car celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges” (Mc 8, 38). Par conséquent, nous nous engageons à renforcer la foi en confessant la vérité qui est Jésus-Christ Lui-même ».

Le pape n'est pas le secrétaire général de l'ONU

Le 3 février, le cardinal Müller avait accordé un entretien au journaliste Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana. Ses réponses éclairent le Manifeste qui devait paraître six jours après. Sur la question de l’homosexualité qui, d’après l’Avvenire (le journal des évêques italiens), ne serait plus l’objet de réprobation morale depuis Amoris lætitia, le prélat allemand répond en élargissant le propos : « Ce n’est pas vrai, mais même si c’était vrai, un document pontifical ne peut changer l’anthropologie enracinée dans la création de Dieu. Il est possible qu’un document pontifical ou le Magistère de l’Eglise n’explique pas assez bien les faits de la Révélation et de la Création, mais le Magistère ne constitue pas la doctrine chrétienne. Il y a une façon de comprendre le Magistère qui n’a rien à voir avec la tradition catholique, on traite le pape comme s’il était un oracle, tout ce qu’il dit devient vérité indiscutable. Mais ce n’est pas le cas : beaucoup de choses sont l’opinion privée du pape, donc des choses qu’on peut discuter. Si le pape disait aujourd’hui que les parties sont plus que le tout, nous aurions changé les structures des mathématiques, de la géométrie ? C’est absurde ! De même que si le pape disait aujourd’hui que nous ne pouvons plus manger de viande animale, les catholiques n’auraient pas l’interdiction de manger de la viande. (…) 

« L’autorité du pape est très limitée. Certains ne voient que son autorité publique, ce qui est rapporté dans les médias, et ils l’utilisent suivant leurs propres opinions, mais en réalité ils n’acceptent pas l’autorité du pape telle qu’elle est fondée dans notre ecclésiologie. (…)

A Riccardo Cascioli qui constate que, pour le 800e anniversaire de la rencontre de saint François d’Assise avec le sultan d’Egypte Malik al-Kamil, on voit « des cours d’islam dans les paroisses et les imams invités à l’église pour expliquer qui est Jésus pour l’islam », le cardinal réplique : « Oui, mais je parie que le curé ne va pas à la mosquée pour expliquer le Concile de Nicée. Pour nous, c’est une offense que de dire que Jésus est seulement un homme, qu’il n’est pas le Fils de Dieu, comment peut-on inviter quelqu’un à l’église pour se faire offenser ? Mais aujourd’hui, dans le catholicisme, il y a une mauvaise conscience envers sa propre foi et on s’agenouille toujours devant les autres. D’abord le jubilé de Luther, maintenant celui de saint François : on les utilise pour protestantiser et islamiser l’Eglise. Cela, ce n’est pas un vrai dialogue, certains d’entre nous ont perdu la foi et veulent se faire esclaves des autres pour être aimés. 

Q. Quel est le problème le plus grave pour l’Eglise aujourd’hui ?

Cardinal Müller : « La relativisation de la foi. Aujourd’hui, il semble compliqué d’annoncer la foi catholique dans son intégrité et avec une conscience droite. Et pourtant le monde d’aujourd’hui mérite la vérité et la vérité est la vérité de Dieu le Père, c’est la vérité de Jésus Christ, la vérité de l’Esprit-Saint. Les faux compromis ne servent à rien à l’homme d’aujourd’hui. Au lieu de proposer la foi, d’éduquer les gens, d’enseigner aux gens, on a toujours tendance à relativiser, on dit toujours un peu moins, moins, moins, moins... Un exemple : au lieu de clarifier le sens du mariage, l’indissolubilité, on cherche des exceptions, on va en arrière ; au lieu de parler de la dignité du sacerdoce, sa gloire, la splendeur de la vérité des sacrements, on réduit tout à une occasion d’être ensemble. Il y a une horizontalisation du christianisme, on le réduit de manière à plaire aux gens d’aujourd’hui, mais ce faisant, on trompe les gens. Quand nous nous trouvons avec des personnes d’autres religions, nous ne pouvons pas nous unir dans une foi vague. La foi est alors réduite à une foi philosophique, Dieu à un être transcendant, et ensuite nous disons qu’Allah ou Dieu le Père de Jésus Christ sont la même chose. De même, le dieu du déisme n’a rien à voir avec le Dieu des chrétiens. »

Q. Le pape insiste beaucoup sur le concept de fraternité universelle. Comment doit-elle être entendue pour éviter cette confusion ?

Cardinal Müller : « Je n’ai pas aimé tous ces éloges des francs-maçons adressés au pape. Leur fraternité n’est pas la fraternité des chrétiens en Jésus-Christ, elle est bien inférieure. Nous ne pouvons pas prendre comme mesure de la fraternité celle qui vient de la Révolution française, qui est une idéologie, comme le communisme. Qui définit qui est mon frère ? Nous sommes frères entre nous parce que nous sommes enfants de Dieu, parce que nous acceptons le Christ qui s’est fait homme. C’est cela, le fondement de la fraternité. (…)

« Si nous n’élevons pas la fraternité naturelle de l’homme à la fraternité en Jésus-Christ, nous rejetons la dimension surnaturelle et naturalisons la grâce. Une religion universelle n’existe pas, il existe une religiosité universelle, une dimension religieuse qui pousse chaque homme vers le mystère. On entend parfois des idées absurdes, comme celle du pape “chef d’une religion universelle”, mais c’est ridicule. Pierre est pape par sa confession ou profession de foi : “Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant”. C’est le pape, pas le chef de l’ONU ! »

L’allusion du cardinal Müller aux éloges adressés au pape François par les francs-maçons fait référence aux remerciements qu’il a reçus de la Grande Loge d’Espagne après son message de Noël 2018 : « Tous les francs-maçons du monde rejoignent la demande du pape pour la “fraternité entre personnes des diverses religions” ». 

Les francs-maçons espagnols précisaient : « Dans son message de Noël depuis la loggia centrale du Vatican, le pape François a appelé au triomphe de la fraternité universelle parmi tous les êtres humains : “Mon souhait pour un joyeux Noël est un désir de fraternité, de fraternité parmi les peuples de toutes les nations et de toutes les cultures, la fraternité entre les gens avec des idées différentes, mais en mesure de respecter et d’écouter l’autre, la fraternité entre les peuples de différentes religions”». Et d’en tirer la conclusion qui s’impose : « Les paroles du pape montrent l’éloignement actuel de l’Eglise du contenu d’Humanum genus (1884), la dernière grande condamnation catholique de la Franc-maçonnerie internationale ».

Sur son blogue, le 9 janvier, Aldo Maria Valli rappelait : « Dans l’encyclique Humanum genus, le pape Léon XIII condamnait en effet la Franc-maçonnerie en des termes sans équivoque, stigmatisant “la grande erreur moderne de l’indifférentisme religieux et de l’égalité de tous les cultes”, attitude que le pontife de l’époque définissait comme “le moyen le plus opportun d’annihiler toute religion, et notamment l’Eglise catholique qui, seule véritable, ne peut sans grande injustice être mélangée avec les autres”.

« Selon les francs-maçons espagnols, la manière dont le pape actuel condamne le fondamentalisme religieux et appelle à la fraternité et à la tolérance, rapproche l’Eglise de la Franc-maçonnerie en les unissant dans leur engagement pour une fraternité universelle, au-delà des différences dans les domaines politique, culturel, national et religieux.

« Cette marque d’estime pour le pape de la part de la Franc-maçonnerie est une information, mais ce n’est pas une surprise. Après Paul VI, Jorge Mario Bergoglio (qui est membre honoraire du Rotary club depuis 1999) est décidément le pape le plus apprécié de la Franc-maçonnerie internationale ».

Mgr Athanasius Schneider.

Le veau d'or toujours debout et le martyre rendu inutile par le pluralisme religieux

Le 8 février, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Astana (Kazakhstan) rendait publique une profession de foi qui répondait également – sans la citer – à la Déclaration commune du pape François et du grand imam d’Al-Azhar où la « diversité des religions » est qualifiée de « sage volonté divine » : 

« Au cours de ces dernières décennies on a souvent entendu – y compris de la bouche de certains représentants de la hiérarchie de l’Eglise – des déclarations à propos de la théorie des “chrétiens anonymes”. Cette théorie affirme ce qui suit : la mission de l’Eglise dans le monde consisterait, au bout du compte, à faire naître la conscience que tous les hommes doivent avoir de leur salut en Jésus-Christ, et par voie de conséquence, de leur adoption filiale en Jésus-Christ. Car, selon cette même théorie, chaque être humain possède déjà la filiation divine dans les profondeurs de sa personnalité. Cependant, une telle théorie contredit directement la Révélation divine, telle que le Christ l’a enseignée, et que ses apôtres et l’Eglise l’ont toujours transmise au long de plus de 2000 ans, sans changement et sans l’ombre d’un doute. (…)

« La tâche la plus urgente de l’Eglise en notre temps est de se soucier du changement climatique spirituel et de la migration spirituelle (allusions transparentes à l’écologie et aux migrations soutenues par le pape François. NDLR), à savoir de ce que le climat de non croyance en Jésus-Christ, le climat de rejet de la royauté du Christ, puissent être changés en climat de foi explicite en Jésus-Christ, en climat d’acceptation de sa royauté, et que les hommes puissent migrer de la misère de l’esclavage spirituel de l’incroyance vers le bonheur d’être fils de Dieu, et d’une vie de péché vers l’état de grâce sanctifiante. Voilà les migrants dont il est urgent que nous prenions soin.

« Le christianisme est la seule religion voulue par Dieu. Donc, il ne peut jamais être mis côte à côte avec les autres religions, comme s’il en était complémentaire. (…) Il n’y a qu’un chemin vers Dieu, et c’est Jésus-Christ, car Lui-même a dit : “Je suis le chemin” (Jn 14, 6). Il n’y a qu’une vérité, et c’est Jésus-Christ, car Lui-même a dit : “Je suis la vérité” (Jn 14, 6). Il n’y a qu’une vraie vie surnaturelle de l’âme, et c’est Jésus-Christ, car Lui-même a dit : “Je suis la vie” (Jn 14, 6).

« Le Fils incarné de Dieu a enseigné qu’en dehors de la foi en Lui il ne peut y avoir de religion vraie et agréable à Dieu : “Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé” (Jn, 10, 9). Dieu a commandé à tous les hommes, sans exception, d’écouter son Fils : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-Le !” (Mc 9, 7). Dieu n’a pas dit : “Vous pouvez écouter mon Fils ou vous pouvez écouter d’autres fondateurs de religion, car c’est ma volonté qu’il y ait diverses religions”. Dieu nous a interdit de reconnaître la légitimité de la religion d’autres dieux : “Tu n’auras point d’autres dieux (étrangers) devant moi” (Ex 20, 3) et : “Ne portez pas un même joug avec les infidèles ; car quelle union y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle association entre la lumière et les ténèbres ? ou quel accord entre le Christ et Bélial ? ou quelle part entre le fidèle et l’infidèle ? quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ?” (2 Cor 6, 14-16).

« Si d’autres religions correspondaient de la même manière à la volonté de Dieu, il n’y aurait jamais eu la condamnation divine de la religion du Veau d’or au temps de Moïse (cf. Ex 32, 4-20) ; et s’il en était ainsi, les chrétiens d’aujourd’hui pourraient impunément pratiquer la religion d’un nouveau Veau d’or, puisque toutes les religions sont, selon cette théorie, des chemins qui plaisent aussi à Dieu. Dieu a donné aux Apôtres, et à travers eux à l’Eglise, pour tous les temps, l’ordre solennel d’instruire toutes les nations et les croyants de toutes les religions dans l’unique Foi véritable, en leur apprenant à observer tous ses commandements divins et en les baptisant (cf. Mt 28, 19-20). Depuis les prédications des Apôtres et du premier pape, l’apôtre saint Pierre, l’Eglise a toujours proclamé qu’il n’y a de salut en aucun autre nom, c’est-à-dire, en aucune foi sous le ciel, par lequel les hommes doivent être sauvés, mais au Nom et dans la Foi en Jésus-Christ (cf. Ac 4, 12). (…)

« On aurait épargné le martyre aux Apôtres et aux innombrables martyrs chrétiens de tous les temps, spécialement ceux des trois premiers siècles, s’ils avaient dit : “La religion païenne et son culte est un chemin qui correspond aussi à la volonté de Dieu”. Il n’y aurait pas eu par exemple de France chrétienne, pas de “Fille aînée de l’Eglise”, si saint Remi avait dit à Clovis, roi des Francs : “Ne méprisez pas la religion païenne que vous avez adorée jusqu’à présent, et adorez désormais le Christ que vous avez persécuté jusqu’à maintenant”. Le saint évêque a en réalité parlé très différemment, même si c’est d’une manière assez rude : “Adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré.”

« La vraie fraternité universelle ne peut se réaliser qu’en Jésus-Christ, et précisément entre personnes baptisées. La pleine gloire de fils de Dieu ne sera atteinte que dans la vision béatifique de Dieu au ciel, comme l’enseigne la Sainte Ecriture : “Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et que nous le soyons en effet. Si le monde ne nous connaît pas, c’est parce qu’il ne l’a pas connu. Bien-aimés, nous sommes dès maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsque ce sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.” (1 Jn 3, 1-2).

« Aucune autorité sur terre – pas même l’autorité suprême de l’Eglise – n’a le droit de dispenser les fidèles d’autres religions de la foi explicite en Jésus-Christ, en tant que Fils incarné de Dieu et seul Sauveur de l’humanité, en leur assurant que les différentes religions sont voulues en tant que telles par Dieu lui-même. Elles restent indélébiles – car écrites du doigt de Dieu et d’une clarté cristalline – les paroles du Fils de Dieu : “Celui qui croit en Lui n’est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu” (Jn, 3, 18). Cette vérité a valu jusqu’à maintenant pour toutes les générations chrétiennes, et elle restera valide jusqu’à la fin des temps, indépendamment du fait que certaines personnes dans l’Eglise, en notre temps si capricieux, si lâche, si avide de sensationnel et si conformiste, réinterprète cette vérité dans un sens contraire à sa formulation évidente, présentant ainsi cette réinterprétation comme si elle constituait une continuité du développement de la doctrine. »