Vatican I : retour sur un concile inachevé (5)

27 Avril, 2020
Provenance: fsspx.news

Cinquième épisode : un concile qui porte du fruit 

 

Il y a cent cinquante ans, s’ouvrait le premier concile du Vatican, sous la houlette du pape Pie IX. FSSPX.Actualités revient sur l’histoire passionnante d’un concile qui fut le théâtre de l’opposition entre libéraux et ultramontains, au terme duquel fut proclamé le dogme de l’infaillibilité pontificale. 

C’est lors de la 3e session publique, le 24 avril 1870, qu’est promulguée la première des deux constitutions issues du premier concile du Vatican, votée quelques jours plus tôt à l’unanimité des 667 membres présents. 

Mgr Joseph Strossmayer, qui représente la ligne des pères germanophones opposés au parti romain, s’il s’est - par souci tactique - rallié au texte proposé, est toutefois absent lorsque les flabella s'abaissent, à la descente de la sedia gestatoria, devant le souverain pontife, venu en personne sanctionner la nouvelle constitution. 

Dei Filius - ainsi désignée d’après l’incipit du texte - propose une synthèse claire et définitive sur Dieu, la Révélation et la foi, afin de répondre aux erreurs du panthéisme, du matérialisme et du rationalisme moderne. 

Le premier chapitre porte sur l’existence d’un Dieu personnel, libre, créateur de toutes choses, absolument indépendant du monde matériel et spirituel qu’il a créé. 

Le second chapitre rappelle que tout homme peut parvenir avec certitude, par la lumière de la raison naturelle, à la connaissance de certaines vérités, telle l’existence de Dieu. De plus, il est enseigné au même endroit que la révélation divine est indispensable afin de connaître d’autres vérités. 

Dans un troisième chapitre, Dei Filius, insiste sur le caractère raisonnable de la foi catholique, et montre que l’Eglise, gardienne du dépôt de la foi, porte en elle-même la garantie de son origine divine. 

Le quatrième et dernier chapitre traite des rapports existant entre la science et la foi qui ne s’opposent pas, mais qui, au contraire, s’appellent et se répondent l’une l’autre, selon la distinction entre leurs objets formels. 

Dei Filius s’achève par une série de dix-huit canons frappant d’anathème les erreurs opposées, considérées comme hérétiques : en effet, depuis 1868, il avait été décidé que les canons seraient réservés aux hérésies, tandis que dans les chapitres, le Concile relèverait d’autres erreurs. 

L’adoption de la constitution Dei Filius est une réussite pour le Concile en général et pour le pape Pie IX en particulier. 

Le répit est cependant de courte durée. Le schéma De Ecclesia - document préparatoire portant sur l’Eglise, ses rapports avec l’Etat et les prérogatives du successeur de Pierre - a « fuité » dans la presse à la fin du mois de janvier, et cause de nombreux remous au sein des chancelleries européennes, qui craignent un durcissement des positions romaines. 

Subodorant l’allongement indéfini des discussions sur des questions complexes, le parti romain se demande s’il ne serait pas plus judicieux d’anticiper le débat sur l’infaillibilité. Car on ne sait jamais, et le temps pourrait venir à manquer. On ne croyait pas si bien dire… 

(A suivre)