Cérémonies du Vendredi Saint

avr
19
19 Avril, 2019
Eglise Saint-Joseph - Bruxelles
La descente de la Croix - Pietro Lorenzetti.

Les rites solennels et inaccoutumés annoncent au peuple fidèle la grandeur de cette journée, en même temps qu’ils font sentir la suspension du Sacrifice quotidien dont ils occupent la place. L’autel est nu ; tout annonce la désolation.

 

Jour obligatoire de Jeûne et d'Abstinence >

Horaires des cérémonies

15h00  Chemin de Croix

16h00-17h00  Confessions

17h00  Fonction Liturgique
            Chant solennel de la Passion selon St Jean
            Adoration de la Croix
            Communion

Nota bene : Une indulgence plénière, aux conditions habituelles, est attachée à la participation pieuse à l'adoration de la Croix au cours de l'office liturgique solennel.


Eglise Saint-Joseph
Square Frère-Orban, 3 - 1040 Bruxelles
+32 (0)2 550 00 20

Les Lectures - La Passion

La première partie de cet Office est employée à lire d’abord deux passages des Prophéties, et ensuite le récit de la Passion.

On commence par un fragment du prophète Osée, dans lequel le Seigneur annonce ses vues de miséricorde envers son peuple nouveau, le peuple de la gentilité, qui était mort, et qui doit, dans trois jours, ressusciter avec ce Christ qu’il ne connaît pas encore. La deuxième lecture, empruntée au livre de l’Exode, remet sous les yeux le touchant symbole de l’Agneau pascal, en ce moment où la figure s’évanouit devant la réalité. Cet agneau est sans tache comme notre Emmanuel ; son sang préserve de la mort ceux dont les demeures en sont marquées. Il ne doit pas seulement être immolé; il faut qu’il soit la nourriture de ceux qui sont sauvés par lui. Il est le mets du voyageur, qui le mange debout, comme n’ayant pas le loisir de s’arrêter dans la course rapide de cette vie. L’immolation de l’Agneau ancien, comme celle du nouveau, est le signal de la Pâque

La Passion selon Saint Jean

Les Prophètes nous ont préparés à entendre l’accomplissement de leurs divins oracles. La sainte Église va nous faire entendre le récit même de la Passion du Rédempteur. C’est le quatrième Évangéliste, saint Jean, le témoin des scènes du Calvaire, qui doit nous raconter les dernières heures de la vie mortelle de l’Homme-Dieu, et faire passer dans nos âmes l’émotion dont la sienne fut pénétrée lorsque, en ce jour, la victime du genre humain expira sur la croix.

Les Prières

La sainte Église vient de repasser avec ses enfants l’histoire des derniers moments de son Époux; que lui reste-t-il à faire, sinon d’imiter ce divin Médiateur qui, sur la Croix, comme nous l’apprend saint Paul, a offert pour tous les hommes à son Père « des prières et des supplications mêlées de larmes et accompagnées d’un grand cri ? » C’est pourquoi, dès les premiers siècles, elle a présenté elle-même, en ce jour, à la majesté divine, un ensemble de prières qui, se dirigeant sur les besoins du genre humain tout entier, montrent qu’elle est véritablement la mère des hommes et l’épouse charitable du Fils de Dieu. Tous ont part à cette solennelle intercession que la sainte Église, au milieu de son deuil, présente au Père des siècles, du pied de la croix de Jésus-Christ.

Chacune de ces prières est précédée d’une annonce qui en explique l’objet. Le Diacre avertit ensuite les fidèles de se mettre à genoux; ils se relèvent un moment après, au signal du Sous-Diacre, et s’unissent à la demande du Prêtre.

L'Adoration de la Croix

Les prières générales sont terminées; et après avoir imploré Dieu pour la conversion des païens, l’Église se trouve avoir visité, dans sa charité, tous les habitants de la terre, et sollicité sur eux tous l’effusion du sang divin qui coule, en ce moment, des veines de l’Homme-Dieu. Maintenant elle se tourne vers les chrétiens ses fils, et, tout émue des humiliations auxquelles est en proie son céleste Époux, elle va les convier à en diminuer le poids, en dirigeant leurs hommages vers cette Croix, jusqu’alors infâme et désormais sacrée, sous laquelle Jésus marche au Calvaire, et dont les bras vont le porter aujourd’hui. Pour Israël, la croix est un objet de scandale ; pour le gentil, un monument de folie ; nous chrétiens, nous vénérons en elle le trophée de la victoire du Fils de Dieu, et l’instrument auguste du salut des hommes. L’instant donc est arrivé où elle doit recevoir nos adorations, à cause de l’honneur que lui a daigné faire le Fils de Dieu en l’arrosant de son sang, et en l’associant ainsi à l’œuvre de notre réparation. Nul jour, nulle heure dans l’année ne conviennent mieux pour lui rendre nos humbles devoirs.

Ce touchant hommage offert, en ce jour, au bois sacre qui nous sauve, a commencé, dès le IV° siècle, à Jérusalem. On venait de découvrir la vraie Croix par les soins de la pieuse impératrice sainte Hélène; et le peuple fidèle aspirait à contempler de temps en temps cet arbre de vie, dont la miraculeuse Invention avait comblé de joie l’Église tout entière. Il fut réglé qu’on l’exposerait à l’adoration des chrétiens une fois l’année, le Vendredi saint.

La sainte Église, en nous présentant d’abord la Croix couverte d’un voile qui disparaît ensuite pour laisser arriver nos regards jusqu’à ce divin trophée de notre rédemption, veut exprimer tour à tour l’aveuglement du peuple juif qui ne voit qu’un instrument d’ignominie dans ce bois adorable, et l’éclatante lumière dont jouit le peuple chrétien, auquel la foi révèle que le Fils de Dieu crucifié, loin d’être un objet de scandale, est au contraire, comme parle l’Apôtre, le monument éternel de « la puissance et de la sagesse de Dieu. » Désormais la Croix, qui vient d’être si solennellement arborée, ne sera plus couverte; elle va attendre sans voile, sur l’autel, l’heure de la glorieuse résurrection du Messie. Toutes les autres images de la Croix, placées sur les divers autels, seront aussi découvertes, à l’imitation de celle qui va bientôt reprendre sa place d’honneur sur l’autel majeur.

Mais la sainte Église ne se borne pas à exposer, en ce moment, aux regards de ses fidèles la Croix qui les a sauvés ; elle les convie à venir tous imprimer leurs lèvres respectueuses sur ce bois sacré. Le Célébrant doit les précéder, et ils viendront après lui. Il quitte sa chaussure, et ce n’est qu’après avoir fait trois génuflexions qu’il approche de la Croix que ses mains ont d’abord placée sur les degrés de l’autel. Le Diacre et le Sous-Diacre se présentent ensuite, puis le Clergé tout entier, enfin les laïques.

Les chants qui accompagnent l’adoration de la Croix sont de la plus grande beauté. Il y a d’abord les Impropères, ou reproches que le Messie adresse aux Juifs. Les trois premières strophes de cette Hymne plaintive sont entrecoupées parle chant du Trisagion, ou prière au Dieu trois fois Saint, dont il est juste de glorifier l’immortalité, en ce moment où il daigne, comme homme, souffrir la mort pour nous. Cette triple glorification, qui était en usage à Constantinople dès le V° siècle, a passé dans l’Église Romaine qui l’a maintenue dans la langue primitive, se contentant d’alterner la traduction latine des paroles. Le reste de ce beau chant est du plus haut intérêt dramatique. Le Christ rappelle toutes les indignités dont il a été l’objet de la part du peuple juif, et met en regard les bienfaits qu’il a répandus sur cette ingrate nation.

La Messe des Présanctifiés

Le souvenir du grand sacrifice accompli aujourd’hui sur le Calvaire occupe tellement la pensée de l’Église en ce douloureux anniversaire, qu’elle renonce à renouveler sur l’autel l’immolation de la divine victime; elle se borne à participer au mystère sacré par la communion. Une procession formée de tout le clergé se dirige en silence vers le reposoir où, la veille, a été placée mystérieusement l’Hostie sainte. La procession se met en marche vers l’autel, portant des cierges allumés.

Le pieux cortège étant de retour dans le sanctuaire, tous les regards sont tournés respectueusement vers le divin mystère. Le Prêtre fait entendre, sur le ton le plus simple, l’Oraison dominicale. Unissons-nous avec confiance et empressement aux sept demandes qu’elle renferme, à cette heure où notre divin intercesseur, les bras étendus sur la Croix, les présente pour nous à son Père. C’est dans ce moment même qu’il obtient de lui que toute prière adressée au ciel, par sa médiation, sera exaucée.

Après le Pater, le Prêtre ajoute à haute voix une oraison qui se récite secrètement à toutes les Messes. Il y demande que nous soyons délivrés des maux, affranchis du péché, établis dans la paix.

Le Prêtre récite ensuite à voix basse la troisième des Oraisons qui précèdent la communion aux Messes ordinaires : et ayant pris dans sa main gauche, avec la patène, l’Hostie, il frappe trois fois sa poitrine avec la main droite. Il se communie ensuite; puis il récite les prières de conclusion. Ainsi se termine la Messe des Présanctifiés. Lorsque tous ces rites sont accomplis, le Célébrant accompagné de ses ministres, toujours en silence, fait une génuflexion à la Croix et se retire.