Vincent Lambert : la Cour de cassation ouvre la voie à une mort programmée

29 Juin, 2019
Provenance: fsspx.news

La plus haute juridiction de la République, dans un arrêt définitif rendu le 28 juin 2019, a cassé la décision de la Cour d’appel de Paris. Le Centre hospitalier universitaire de Reims peut désormais à tout moment reprendre le protocole de “soins” devant aboutir à la mort de Vincent Lambert. 

L’arrêt de la Cour de cassation entend mettre un point final à l’affaire d’un patient âgé de 42 ans, plongé depuis une dizaine d’années dans un état pauci-relationnel ou semi-végétatif, auquel devraient rapidement être appliquées les dispositions de la loi Claeys-Leonetti de 2016 sur la fin de vie. 

Celle-ci, dans le cadre de la cessation de l’alimentation et de l’hydratation artificielles (AHA), permet d’entamer une sédation profonde : en fait, un processus de meurtre programmé. 

Cette dernière expression n’est en rien exagérée, car l’AHA, loin de consister en un quelconque acharnement thérapeutique, constitue en fait un moyen ordinaire et proportionné pour tout patient - et donc un droit naturel - afin d’être maintenu en vie. 

Fallait-il s’attendre à une autre issue ? Hélas non, puisque la justice, dans le fonctionnement d’un Etat qui se prétend moderne, a pour principale fonction d’appliquer les lois votées par le législateur, abstraction faite de toute référence morale : ce qui supposerait qu’il existât une règle objective des actes humains, indépendante de la volonté dite générale. 

Le dénouement tragique de l’affaire Lambert réside aussi dans le déchirement d’une famille, ballotée de tribunaux en juridictions, alors qu’aucune directive anticipée écrite n’a été laissée par le patient avant son accident. En l’absence de consensus, la justice a tranché en faveur de l’épouse de Vincent Lambert, qui a décidé de faire mourir son mari. 

Les avocats des parents de ce dernier ont menacé de poursuites pénales pour « meurtre » les médecins et les autorités qui se rendraient responsables de l’arrêt des traitements : une procédure de dernier recours... 

Il reste à prier plus que jamais pour Vincent Lambert, pour tous les membres de sa famille, et aussi plus largement pour les patients lourdement handicapés. Si l’Etat prométhéen croit, tel un démiurge, exercer un illusoire droit de vie et de mort sur les corps, les âmes appartiennent à Dieu qui jugera les vivants et les morts, les innocentes victimes et les meurtriers en blouse blanche ou en manteau d’hermine...